• Canouf

[Résumé SEMAINE 12 : 12/08 - 18/08 – 2422 KMS]

Bréhémont - Azay le rideau - Tours - Amboise - Chenonceaux - Blois - Chambord - Les Bordes (217kms)



Lundi 12 Août


La semaine démarre en fanfare car, en ce lundi, nous n’aurons roulé qu’une dizaine de bornes et on se sera endormi avec un taux d’alcoolémie à en faire frémir un camionneur polonais. On va vous expliquer pourquoi tout de suite.


* bruit de cassette qui se rembobine *


Vous vous souvenez, on se réveille chez Miriam et Philippe à Bréhémont et c’est sous le soleil qu’on prend le petit déjeuner avec Miriam. Philippe, qui est parti travailler à une heure où Mouf faisait encore trembler les roues de la roulotte, appelle pour dire à Miriam combien il a passé une bonne soirée. C’est vrai qu'on s’est quand même bien marrés, comme si on se connaissait depuis longtemps.


On remonte sur nos vélos en fin de matinée direction Langeais. Oui Langeais et son fameux pont levis à chaînes ! Le dernier en marche en France ! Eh ouais. Chacun son palmarès.



Jusqu’alors nous avons 3kms dans les jambes, le vent commence à se lever et les nuages assombrissent le ciel. On se réfugie sous le pont d’une voie ferrée pour éviter une première averse.

Une fois l’intempérie passée, on recommence à pédaler direction Azay-le-rideau afin d’en visiter le château.


Le rideau arrive plus tôt que prévu et il est du genre mouillé. Impossible de pédaler sous cette pluie. Thibaut voit un jardin, une barrière ouverte et crie « A GAUCHE ! ». On se réfugie sous un arbre – oui on sait il ne faut pas faire ça pendant un orage mais ça devenait vital de s’abriter – et on patiente.

Au fond du jardin un homme alerté par le cri de Thibaut sort et nous fait signe de venir nous abriter dans la maison. On se retrouve donc nez à nez dans la cuisine avec Gilles et Martine ! Tous deux retraités, elle de France Télécom et lui ex-facteur.


Au bout de 5mn, la pluie ne se calmant pas, ils nous proposent de boire un coup. Disons qu’il s’agit d’une bière d’échauffement car 30mn plus tard Gilles nous demande si on connaît « l’Epine ».

« Heuuuu non… »

« Allez Martine on va leur faire goûter l’épine ! * lève l’index * C’est moi qui la fait hein ! »


Premier verre tout va bien, deuxième verre, on se fragilise nettement. On se rend également compte qu’il est presque 18h. « Je donne pas grand-chose sur votre arrivée à Tours ce soir hein !" nous lance Gilles dans un grand rire.

Pas de troisième verre d’épine car Gilles a plus d’une bouteille dans sa cave. En plus de l’apéro Ricard, on goûte donc le vin de noix, le « Cambouis » - du vin mélangé à des agrumes – puis le rosé et le rouge du producteur du coin sans oublier le digestif.


La soirée est vraiment drôle, Gilles maniant « l’humour de facteur » comme personne et chacun des deux ayant de nombreuses anecdotes à nous raconter sur sa vie.




C’est tout chancelants que nous allons planter la tente dans leur jardin, de nuit, et que nous nous endormons d’un sommeil lourd après ces presque 10kms de vélo.


Mardi 13 Août :


Le réveil est dynamique ! Tout comme Alain Juppé, on a la super pêche et on est prêts à en découdre avec le château d’Azay !

Il s’agit de notre première vraie visite d’un château de la Loire et nous ne sommes pas déçus tant celui-ci est intéressant sur tous points de vue : architectural, historique, esthétique.



Nous y restons trois bonnes heures puis reprenons la route. Nous passons à côté des jardins mondialement connus de Villandry que nous visitons à travers l’œil du drone de Thibaut (oups).



Le reste de la journée se déroule sans anicroches si ce n’est que Mouf oublie/perd sa gourde.


TRAGEDIE ! DECHIRANCE ! SANGLOTS MULTIPLES ! On en prend plein les oreilles et toute la Loire en profite.

Le soir venu, nous posons la tente près du fleuve et nous endormons paisiblement au son des clapotis de l’eau en contrebas.


Mercredi 14 aout :


Au programme deux visites : le Clos Lucé – dernière demeure de Léonard de Vinci - à Amboise et Chenonceau à Chenonceaux.


Arrivés au Clos on a un peu l’impression "boite à fric" : la visite coûte cher, la visite guidée coûte très cher et il faut payer encore plus cher pour chaque petit service en supplémentaire. Et puis les gens qui paient la visite ont des petites gommettes sur eux pour ne pas que les cyclistes pauvres et sans ressources puissent s’incruster discrètement.

Heureusement on croise Christian et sa femme. Christian « est joueur » nous annonce-t-elle. En effet, il nous propose de passer en forfait "famille à 2 enfants » - (7 à 18ans) - et passe à la caisse en interpellant Mouf : "Justine, viens ma chérie". Thibaut est tenu à l'écart car "avec sa barbe, le mari va tout nous faire cramer".

Eh bah devinez quoi ? CA PASSE : nous qui hésitions à rajouter encore de l'argent, on a droit à la visite du clos + l’exposition temporaire où est présente la tapisserie de la Cène. On parle du morceau de tissu qui a 500 ans et qui mesure 9m x 5m soit 45m² ! L’émotion est donc palpable surtout pour des parisiens qui rêveraient d’avoir un appart’ de cette taille.


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[POINT CULTURE] : les plus connaisseurs vont nous dire « oui mais la Cène c’est pas une tapisserie c’est un tableau », « oui moi quand je suis allé à Milan grâce au billet Last minute Ryanair à 10€ je l’ai vu la Cène, c’est pas une tapisserie ». Bravo Jean-Michel Erudit, tu as raison ! En fait cette tapisserie va être réalisée à la demande de François 1er après la découverte par Louis XII de la fresque de l’ultima Cena à Milan.


[POINT CONTEXTE HISTORIQUE POUR COMPRENDRE LE POINT CULTURE] : au XV-XVIe siècle, les rois de France aiment bien traverser les Alpes avec de grosses armées pour rendre visite aux buveurs de chianti – 1515 Marignan, eh oui, bravo Jean-Michel Jairévisélebrevet - et revendiquer le trône du Royaume de Naples.

Après avoir vadrouillé dans le Nord de l’Italie et rossé quelques condottiere, Louis XII débarque à Milan, tombe sur le tableau et veut absolument le ramener dans ses bagages. Problème : le tableau c’est un mur et c’est compliqué de ramener un mur à dos de cheval.

Qu’à cela ne tienne, François d’Orléans - futur François 1er - en fait une commande qui sera exécutée dans les Flandres entre 1516 et 1524. Elle ne restera pas longtemps en France car offerte au pape en 1533 et est restée au Vatican jusqu’à aujourd’hui.


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Le reste du Clos est intéressant. Les inventions de Léonard y sont exposées et on en apprend beaucoup sur les us et coutumes de l’époque.



La fin de matinée arrive à grand pas et il est temps d’aller visiter Chenonceau.

Malheureusement en cette veille de week-end de 15 août, beaucoup de gens ont eu la même idée et on doit attendre une heure avant d’entrer dans le château.


Sur le coup ça nous rappelle la ligne 13 aux heures de grande affluence puis on prend notre mal en patience et on observe les magnifiques jardins et la sublime architecture de l’édifice.


S’il est aussi beau, c’est qu’il été construit et entretenu par des femmes :

  • Katherine Briçonnet le construit en 1513

  • Diane de Poitiers, le reçoit en cadeau d’Henri II – c’est sa favorite – et l’enrichit considérablement notamment dans les jardins, et y ajoute le fameux pont

  • Catherine de Médicis, la femme d’Henri II, le récupère à la mort de celui-ci – comprendre qu’elle demande à Diane de Poitiers de faire ses valises – et créé la double galerie caractéristique du château (sur le pont de Diane).

  • Louise Dupin, épouse de Claude Dupin, un riche fermier général qui l'achète au Duc de Bourbon en 1733. Louise est une personnalité du siècle des Lumières et tient à Chenonceau un brillant salon littéraire. Pour la petite anecdote, c'est l'arrière-grand-mère par alliance de Georges Sand.

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[POINT CULTURE] : le château sur la commune de Chenonceaux perd son "X" à la révolution française, au temps où il appartenait à Louise Dupin. Comme la période est quelque peu troublée et qu'ils reçoivent de nombreux représentants de la bonne société (parmi lesquels Voltaire, Rousseau ou encore Montesquieu), Louise décide de retirer le "X" du château pour différencier symboliquement la République (la commune) de la Royauté (son château). Un petit geste de désobéissance civile de l'époque quoi.


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Pour la petite anecdote cette journée nous avait tellement mis KO qu’on s’est endormis sur un canapé face à la généalogie des rois de France.



Nous sortons du château 3h plus tard et on se rend compte qu’il est déjà 18h. Il nous reste donc une trentaine de bornes jusque Blois et le ciel commence à se faire menaçant.

On a effectivement droit à quelques gouttelettes mais nous arrivons sains et saufs chez Isabelle. C’est la tante de Florine qui nous avait accueilli à Nantes. Douche, plantage de tente et… apéro ! Florine nous avait prévenu « attention à l’apéro ». En effet, chaque verre terminé en appelle un autre pendant qu'on a la tête tournée.

On ressort 4h plus tard avec de petits yeux.


Jeudi 15 aout


La journée débute sous le signe de l’amour avec un grand A. En effet, Constance (comprendre que quand un "Constance" est lâché, Thibaut n'est pas content) se rend compte qu’elle a oublié des affaires 10mn après le départ. Précisons qu’Isabelle habite en haut d’une colline.

Puis on visite Blois, le vieux Blois et le château de Blois. Il s’agit de l'ancien château royal qui a la particularité de mêler quatre époques différentes :

  • Le Moyen-Age avec Thibaut VI comte de Blois

  • Le Gothique Flamboyant avec Louis XII

  • La Renaissance de François 1er avec le célèbre escalier à vis

  • Le Classique avec Gaston d’Orléans



Après cette visite très enrichissante la fin d'après-midi approche et nous filons à Chambord. On a la chance d'y arriver en pleine "heure dorée" - la période qui suit le lever du soleil ou précède son coucher - et autant vous dire que sur un château comme Chambord... on prend une grosse claque !



On décide donc de faire une longue séance photo/drone pour capter tous ces tons orangés sur les façades puis de planter la tente... dans le parc du château ! En toute simplicité.

On dîne rapidement pour retourner voir le château illuminé la nuit.


Vendredi 16 août

On se lève tôt, "vraiment tôt" selon Mouf - comprendre avant 8h. Objectif : plier la tente rapidement, faire un tour rapide d château et faire partie des premiers entrants pour bénéficier d'une visite moins impersonnelle.

Nous restons quatre bonnes heures dans le château tant il y de pièces et d'éléments à observer.



Si vous suivez bien, nous en sommes au début d'après-midi. Nous avions prévu de faire 60kms puis 20kms le lendemain pour arriver aux alentours de Sully sur Loire où nous sommes censés rester plusieurs jours.

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[PARENTHESE CULTURE] : Sully est le dernier/premier château de la zone sur la Loire classée au patrimoine mondial. Celle-ci s'étend jusqu'à Angers. Fin.


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Finalement nous décidons de faire les 80kms d'une traite et arrivons aux Bordes, près de Sully, où nous sommes chaleureusement accueillis par les grands-parents de la filleule de Mouf. On passe donc le week-end avec Odile, Vincent - ce sont leurs prénoms - et leur fille Oriane entre énigmes à table, jeux de société, et rattrapage du retard en rédaction, tout cela dans le bonheur de voir toute cette pluie tomber sur le toit plutôt que sur nos vélos.

Odile et Vincent nous laissent les clés et nous restons jusque jeudi.

Au programme des prochains jours : repos des jambes et rattrapage des multiples carnets de bord que l'on n'a pas rédigé (oups) !


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Sinon on vous fait réciter la généalogie des rois de France - de Clovis à Louis-Philippe - et recommencer du début à chaque faute.

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